Job 30
S21 : © Société biblique de Genève. Son intégration dans Selah nécessite une autorisation de diffusion.
Contexte historique et auteur
- Auteur et transmission
- Anonyme ; les discours des personnages ne se confondent pas avec la voix du narrateur.
- Dates et périodes
- Cadre ancien non précisément datable ; composition très discutée.
- Lieux et origine
- Pays d’Uts, localisation incertaine
Dialogue de sagesse sur la souffrance innocente. Le livre conteste les explications automatiques reliant malheur personnel et faute personnelle.
Notice de synthèse Selah, non exhaustive. Les attributions traditionnelles, dates des événements et dates de rédaction sont distinctes. Certaines restent débattues.
- Job — commentaire de Matthew Henry (source externe en anglais)
Matthew Henry (1662–1714) et continuateurs · Protestante, tradition réformée et lecture évangélique
- Job — commentaire catholique Haydock (source externe en anglais)
George Leo Haydock (1774–1849), compilateur ; auteurs cités dans les notes · Catholique
- Job — introduction et structure (source externe en anglais)
Équipe BibleProject (Tim Mackie et collaborateurs) · Protestante évangélique
À propos de cette édition et de sa numérotation
Traduction française historique de Louis Segond, révision de 1910. Source et licence
Louis Segond 1910
1Et maintenant!… je suis la risée de plus jeunes que moi, De ceux dont je dédaignais de mettre les pères Parmi les chiens de mon troupeau.
Étudier2Mais à quoi me servirait la force de leurs mains? Ils sont incapables d’atteindre la vieillesse.
Étudier3Desséchés par la misère et la faim, Ils fuient dans les lieux arides, Depuis longtemps abandonnés et déserts;
Étudier4Ils arrachent près des arbrisseaux les herbes sauvages, Et ils n’ont pour pain que la racine des genêts.
Étudier5On les chasse du milieu des hommes, On crie après eux comme après des voleurs.
Étudier6Ils habitent dans d’affreuses vallées, Dans les cavernes de la terre et dans les rochers;
Étudier7Ils hurlent parmi les buissons, Ils se rassemblent sous les ronces.
Étudier8Êtres vils et méprisés, On les repousse du pays.
Étudier9Et maintenant, je suis l’objet de leurs chansons, Je suis en butte à leurs propos.
Étudier10Ils ont horreur de moi, ils se détournent, Ils me crachent au visage.
Étudier11Ils n’ont plus de retenue et ils m’humilient, Ils rejettent tout frein devant moi.
Étudier12Ces misérables se lèvent à ma droite et me poussent les pieds, Ils se fraient contre moi des sentiers pour ma ruine;
Étudier13Ils détruisent mon propre sentier et travaillent à ma perte, Eux à qui personne ne viendrait en aide;
Étudier14Ils arrivent comme par une large brèche, Ils se précipitent sous les craquements.
Étudier15Les terreurs m’assiègent; Ma gloire est emportée comme par le vent, Mon bonheur a passé comme un nuage.
Étudier16Et maintenant, mon âme s’épanche en mon sein, Les jours de la souffrance m’ont saisi.
Étudier17La nuit me perce et m’arrache les os, La douleur qui me ronge ne se donne aucun repos,
Étudier18Par la violence du mal mon vêtement perd sa forme, Il se colle à mon corps comme ma tunique.
Étudier19Dieu m’a jeté dans la boue, Et je ressemble à la poussière et à la cendre.
Étudier20Je crie vers toi, et tu ne me réponds pas; Je me tiens debout, et tu me lances ton regard.
Étudier21Tu deviens cruel contre moi, Tu me combats avec la force de ta main.
Étudier22Tu me soulèves, tu me fais voler au-dessus du vent, Et tu m’anéantis au bruit de la tempête.
Étudier23Car, je le sais, tu me mènes à la mort, Au rendez-vous de tous les vivants.
Étudier24Mais celui qui va périr n’étend-il pas les mains? Celui qui est dans le malheur n’implore-t-il pas du secours?
Étudier25N’avais-je pas des larmes pour l’infortuné? Mon cœur n’avait-il pas pitié de l’indigent?
Étudier26J’attendais le bonheur, et le malheur est arrivé; J’espérais la lumière, et les ténèbres sont venues.
Étudier27Mes entrailles bouillonnent sans relâche, Les jours de la calamité m’ont surpris.
Étudier28Je marche noirci, mais non par le soleil; Je me lève en pleine assemblée, et je crie.
Étudier29Je suis devenu le frère des chacals, Le compagnon des autruches.
Étudier30Ma peau noircit et tombe, Mes os brûlent et se dessèchent.
Étudier31Ma harpe n’est plus qu’un instrument de deuil, Et mon chalumeau ne peut rendre que des sons plaintifs.
Étudier